Le blanc : la couleur qui s'efface
Il n'apporte aucune teinte propre, seulement de la clarté, et rend en échange plus lisible tout ce qui l'entoure.
Dans une photographie, presque rien n'est réellement blanc. Le papier tire vers le chaud, un mur prend la couleur de ce qui lui fait face, la neige récupère le ciel. Ce que l'œil accepte comme blanc est en général l'objet le plus lumineux du champ, réétalonné sur place ; c'est pourquoi le même mur se lit blanc de l'intérieur et bleu depuis le seuil.
Voilà pourquoi cette couleur est utile plutôt que vide. Posez n'importe quoi près d'une large surface pâle et la chose gagne en netteté, puisque rien ne se dispute l'attention ni ne teinte la lumière qui arrive. Ceux qui recherchent ce registre gèrent surtout l'exposition, pas la couleur : tenir les hautes lumières juste sous le point où la matière disparaît laisse l'image entièrement lisible.
Comme fond, il rend le même service au bureau, à condition que l'image garde un peu de matière au lieu de virer au vide. Neige fraîche, plâtre, brume sur une mer claire, papier : tous offrent une surface sans réclamer d'être regardés. L'écran finit plus lumineux qu'un thème sombre ne l'autorise, mais rien de ce qui s'y pose n'a besoin de jouer des coudes.